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Cloporte maison : faut-il s’inquiéter et comment réagir ?

Un cloporte dans une maison n’est pas dangereux, mais c’est presque toujours un signal d’alarme sur l’humidité intérieure et parfois sur des défauts d’étanchéité ou d’isolation.

Les cloportes, qu’on appelle aussi isopodes terrestres ou crustacés terrestres, sont des petits animaux qui vivent naturellement dehors, dans les zones humides, sombres et riches en matières organiques (sous les pierres, les feuilles mortes, le bois en décomposition). Quand ils commencent à apparaître régulièrement dans un logement, ils indiquent presque toujours un problème d’humidité intérieure à traiter sérieusement pour le confort et la santé de la maison.

Cloporte : qui est ce crustacé terrestre qui s’invite dans la maison ?

Le cloporte n’est pas un insecte mais un crustacé terrestre, proche cousin des crevettes, qui appartient au groupe des isopodes terrestres. Son corps est segmenté, recouvert d’une petite carapace, et certaines espèces se roulent en boule quand elles se sentent menacées, ce qui leur vaut parfois le surnom de “petit tatou”. La plupart des cloportes que l’on observe dans les maisons sont gris, noirs ou brun/marron, avec une taille de quelques millimètres à un centimètre selon les espèces.

Dans la nature, le cloporte est détritivore : il se nourrit de matières organiques mortes (feuilles, bois pourri, déchets végétaux, parfois cadavres d’insectes) et joue un rôle très utile de “recycleur” du sol. Pour vivre, il a besoin d’un milieu humide et sombre, car il respire encore grâce à des branchies adaptées à la vie terrestre, ce qui explique qu’il fuit la lumière directe et les ambiances sèches.

Pourquoi des cloportes apparaissent dans votre logement ?

Lorsqu’on retrouve un cloporte dans une maison, ce n’est presque jamais un hasard : c’est le signe que le logement offre des conditions proches de leur milieu naturel.

Principales causes d’apparition des cloportes dans une maison :

  • Humidité élevée : hygrométrie souvent supérieure à 70%, murs froids, condensation sur les vitres, odeurs de renfermé.
  • Présence d’eau ou de sources d’humidité :
    • Fuite d’eau (tuyauterie, évier, siphon, machine à laver, chauffe-eau).
    • Infiltration par la façade, la toiture, les soubassements ou les fondations.
    • Condensation dans les pièces mal ventilées (salle de bains, cuisine, buanderie).

Les débris organiques proches de la maison attirent aussi les cloportes :

  • Tas de feuilles mortes, bois pourri contre le mur, tas de compost trop proche de la façade.
  • Déchets végétaux dans les caves, sous-sols ou garages (cartons humides, vieux paillassons, planches stockées au sol).

Les zones les plus touchées à l’intérieur sont en général :

  • Cave, sous-sol, vide sanitaire : milieux naturellement frais et humides, souvent mal ventilés.
  • Garage, buanderie, local technique : contact avec le sol, ponts thermiques, points de rosée fréquents.
  • Sous-éviers, dessous de baignoire, derrière les WC : fuites discrètes, condensation sur les tuyaux, recoins sombres.
  • Pieds de mur, plinthes, fissures et interstices dans les murs ou autour des menuiseries : de véritables “autoroutes” à cloportes depuis l’extérieur.

Cloporte maison : dangereux ou simple témoin d’humidité ?

Sous sol de maison qui attire les cloportes

Bonne nouvelle : le cloporte est inoffensif pour l’homme.

  • Il ne pique pas, ne mord pas et ne transmet pas de maladie connue à l’être humain.
  • Il ne dégrade pas le bois sain de la structure comme peuvent le faire les insectes xylophages (capricornes, termites).

En revanche, une infestation de cloportes est un signal important :

  • Elle indique souvent une humidité excessive, une mauvaise ventilation ou un défaut d’étanchéité ou d’isolation (ponts thermiques, remontées capillaires, absence de barrière étanche).
  • Cet excès d’humidité peut favoriser :
    • La formation de moisissures sur les murs et plafonds.
    • L’apparition d’autres nuisibles (mille-pattes, poissons d’argent, acariens).
    • Un confort thermique dégradé (sensation de froid, murs humides, odeurs de moisi) et donc une surconsommation de chauffage.

Autrement dit, le cloporte est moins un ennemi qu’un indicateur intelligent qui vous signale qu’il est temps de assainir le logement et de réfléchir à la rénovation énergétique pour traiter l’humidité à la source.

Gestes simples et solutions naturelles pour limiter les cloportes

Avant de parler travaux lourds, il existe une série de gestes simples pour réduire l’humidité et rendre la maison moins attractive pour les cloportes.

  1. Assainir l’air intérieur
  • Aérer 10 à 15 minutes matin et soir, même en hiver, en ouvrant largement les fenêtres pour renouveler l’air et évacuer la vapeur d’eau.
  • Vérifier le bon fonctionnement de la ventilation logement : bouches d’extraction propres, VMC entretenue, grilles d’entrée d’air non obstruées.
  • Installer un déshumidificateur d’ambiance dans les pièces les plus humides (cave, sous-sol, buanderie, salle de bains sans fenêtre).
  1. Traquer et réparer les sources d’eau
  • Contrôler régulièrement les fuites d’eau : siphons, joints de lavabo, machine à laver, ballon d’eau chaude.
  • Vérifier l’absence d’infiltration autour des menuiseries, des fondations et du bas de façade, notamment après un gros orage.
  • Améliorer l’évacuation des eaux pluviales : gouttières propres, descentes non bouchées, terrain légèrement en pente pour éloigner l’eau des murs.
  1. Supprimer les “niches à cloportes”
  • Éliminer ou éloigner les tas de bois, compost, feuilles mortes et déchets organiques de la maison et des entrées de cave.
  • Ranger les caves et garages : limiter les cartons au sol, surélever les planches, nettoyer régulièrement les coins sombres.
  • À l’intérieur, garder les zones sous-évier et sous lavabo propres, sèches, bien ventilées.
  1. Méthodes naturelles pour repousser les cloportes
    Les cloportes n’aiment ni la sécheresse, ni la lumière, ni certaines odeurs :
  • Vinaigre blanc en pulvérisation légère sur les zones de passage, en veillant à ne pas abîmer les supports sensibles.
  • Terre de diatomée saupoudrée dans les fissures et le long des plinthes, en fine couche, comme barrière mécanique.
  • Certaines huiles essentielles (lavande, menthe, eucalyptus) peuvent être utilisées comme répulsifs ponctuels, en veillant aux précautions d’usage (enfants, animaux, personnes sensibles).

Ces solutions naturelles restent des palliatifs : elles aident à repousser les cloportes, mais ne remplacent jamais un travail de fond sur l’humidité intérieure et l’assainissement du logement.

Étanchéité, isolation, rénovation énergétique : quand passer aux travaux ?

Comment une maison attire les cloportes et quelle rénovation pour les éliminer

Si malgré un bon entretien, de l’aération régulière et le nettoyage des déchets organiques les cloportes reviennent systématiquement, cela peut révéler un problème plus profond du bâti.

Situations typiques où des travaux sont à envisager :

  • Remontées capillaires ou soubassements humides :
    • Murs qui s’écaillent, peinture qui cloque, traces d’auréoles au bas des parois.
    • Nécessité possible d’un traitement d’étanchéité des fondations ou de la mise en place d’une barrière contre l’humidité.
  • Ponts thermiques et isolation défaillante :
    • Murs froids, condensation localisée dans les angles ou derrière les meubles.
    • Améliorer l’isolation par l’intérieur ou l’extérieur permet de limiter ces zones froides et d’améliorer le confort thermique et hygro-sanitaire.
  • Ventilation insuffisante dans un logement rénové ou très isolé :
    • Fenêtres changées sans réflexion sur la ventilation, apparition d’humidité et de cloportes dans les pièces basses.
    • L’installation ou l’amélioration d’une VMC (simple ou double flux) permet de stabiliser l’humidité et d’améliorer durablement la qualité de l’air.

Dans une démarche de rénovation énergétique, traiter l’humidité en même temps que l’isolation, la ventilation et l’étanchéité de la maison permet :

  • De réduire les risques de moisissures et de dégradations de matériaux.
  • D’augmenter le confort thermique tout en réduisant la consommation de chauffage.
  • De rendre le logement moins attractif pour les cloportes et pour la plupart des nuisibles liés à l’humidité.

Cloportes dans la maison : bonnes pratiques à retenir

Artisan qui lute pour éliminer les cloportes dans une maison

Pour résumer les bons réflexes face aux cloportes dans une maison :

  • Considérer le cloporte comme un signal d’alerte d’humidité, pas comme un ennemi à éliminer à tout prix.
  • Agir progressivement :
    • Aérer, ventiler, déshumidifier.
    • Réparer les fuites et traiter les infiltrations.
    • Nettoyer les déchets organiques et supprimer les niches à cloportes (cave, sous-sol, vide sanitaire, sous-évier, garage).
  • Utiliser des solutions naturelles (vinaigre blanc, terre de diatomée, huiles essentielles) pour limiter leur présence, tout en travaillant sur la cause principale : l’humidité.
  • Si les cloportes persistent ou si des traces d’humidité marquée apparaissent (murs humides, moisissures, odeurs fortes), envisager un diagnostic global du logement et des travaux d’étanchéité, d’isolation et de ventilation dans une logique de rénovation énergétique.

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